
ENTREVUE AVEC SYLVAIN GAUTHIER
Laurence St-Martin poursuit son chemin avec une assurance qui ne laisse plus de doute sur sa place dans le New Country québécois. Révélée au grand public avec Fille des îles en 2018, elle revient aujourd’hui avec un nouvel album intitulé Ailleurs, un projet très personnel, porté par la famille, la maturité et l’envie d’aller encore plus loin musicalement.
Entre une reprise audacieuse de Daniel Bélanger, des collaborations marquantes, une nouvelle chanson qui fait déjà sa place à la radio et une tournée bien remplie, il y a beaucoup à dire sur cette nouvelle étape de sa carrière.
Ailleurs : un album enraciné dans le passé, tourné vers le présent
Le titre Ailleurs n’a pas été choisi au hasard. Pour Laurence St-Martin, il résume parfaitement l’état d’esprit derrière ce disque. C’est un album qui regarde à la fois en arrière et en avant.
En l’écrivant, elle s’est replongée dans ses références d’adolescence, dans les chansons, les inspirations et même les émissions qui l’ont marquée à cette époque. Ce retour vers ses premières émotions lui a fait réaliser quelque chose d’important : les questions qu’on se pose à l’adolescence ne disparaissent pas nécessairement avec le temps. Elles reviennent autrement, avec plus de vécu, mais elles sont encore là à la fin de la vingtaine et au début de la trentaine. Ailleurs, c’est donc ce mélange entre la jeune Laurence et la femme qu’elle est devenue. Un disque qui assume les racines tout en reconnaissant le chemin parcouru.
On est rendu ailleurs, mais il y a encore des références à tout ce que j’étais avant.
Un projet familial réalisé avec son frère Jack
Il y a aussi une dimension profondément intime dans cet album, parce qu’il a été réalisé avec son petit frère, Jack. Ce détail change la couleur d’un projet. On sent qu’il y a derrière Ailleurs un climat de confiance, d’instinct et de proximité qui donne au disque une touche encore plus personnelle. Laurence le dit franchement : travailler en famille amène une émotion particulière, une fébrilité qu’on ressent jusque dans le résultat final. Ce sont ces fameux petits papillons dans le ventre qui accompagne les projets importants. Et de toute évidence, cette connexion artistique a porté fruit. Dès la première semaine de sortie, l’accueil a été très positif et les réactions autour de l’album ont confirmé que quelque chose de fort se passait avec ce projet.
10 chansons, une reprise marquante et deux collaborations
L’album Ailleurs contient 10 chansons. Parmi elles, on retrouve :
- une reprise de Sèche tes pleurs de Daniel Bélanger
- une collaboration avec Greenwoodz
- une collaboration avec Gabriel Fredette
Le disque semble avoir été pensé comme un tout cohérent, mais sans se priver de surprises ni de rencontres artistiques. C’est ce qui lui donne à la fois de la variété et une vraie identité.
Sèche tes pleurs : le pari audacieux qui a payé
Reprendre une chanson bien connue n’est jamais anodin. Il faut trouver le bon angle, respecter l’œuvre originale tout en lui donnant une nouvelle vie. Avec Sèche tes pleurs, Laurence St-Martin savait qu’elle prenait un risque. Elle se demandait si ça allait passer ou casser. Finalement, la réponse a été claire : la chanson a très bien fonctionné. Le public a embarqué, les radios aussi, et le morceau a obtenu d’excellents résultats, jusqu’à atteindre la 4e position du Top 100 au Québec.
Cette reprise lui a aussi permis d’ouvrir certaines portes du côté des radios plus commerciales. C’était un objectif assumé, et le pari semble avoir été réussi. Même si elle n’a pas eu l’occasion de parler directement avec Daniel Bélanger, elle a reçu un courriel de son équipe indiquant qu’il aimait beaucoup sa version. Pour une artiste qui s’approprie une chanson aussi forte, c’est évidemment un beau signe de reconnaissance.
Dans mon tiroir avec Gabriel Fredette : une chanson née au piano
Parmi les autres morceaux qui retiennent l’attention sur l’album, il y a Dans mon tiroir, en collaboration avec Gabriel Fredette.
La chanson est née lors d’une séance d’écriture à la maison avec les gars de Classe moyenne. À l’origine, c’était une grande ballade construite au piano. Cette base émotionnelle est restée importante dans l’ADN du morceau, au point où Laurence laisse entendre qu’une version plus acoustique et encore plus ballade pourrait éventuellement voir le jour.
Très vite, une évidence s’est installée : cette chanson devait être portée à deux voix. L’idée que Laurence et Gabriel l’interprètent ensemble s’est imposée naturellement. Encore une fois, l’accueil a été très bon. La chanson a trouvé son public, preuve que les collaborations sur Ailleurs ne sont pas là pour faire joli, mais pour servir la musique.
Une équipe solide derrière l’album
Un album, ce n’est jamais seulement une artiste et dix chansons. Derrière Ailleurs, il y a toute une équipe de collaborateurs qui ont contribué à lui donner sa forme.
Laurence St-Martin souligne notamment la participation de plusieurs artistes et musiciens avec qui elle aime travailler, dont :
- Greenwoodz
- les gars de Classe moyenne
- Gab Forest
- Dimitri Lebel
- Mathis Beauséjour
- Shawn
- Véronique Labbé à la direction artistique
- Chloé Millette pour les photos
Ce qu’on comprend à travers tout ça, c’est qu’elle s’est entourée de gens en qui elle a confiance. Et quand on sent cet appui-là, ça change tout. On avance avec plus de liberté, plus d’élan, et souvent avec un meilleur résultat au bout du compte.
Ciao Bye : une courte chanson qui frappe fort
Parmi les nouveautés qui retiennent l’attention, il y a aussi Ciao Bye, une chanson qui fait réagir et qui semble déjà très bien fonctionner sur scène comme à la radio.
Le morceau est né, lui aussi, dans une session d’écriture avec Classe moyenne. Fait intéressant, il s’agit en quelque sorte de deux chansons réunies en une seule. Laurence explique qu’elle aimait moyennement chacune des versions séparément, mais qu’en les combinant, quelque chose de plus fort a émergé. Le résultat est une courte chanson, efficace, avec du punch. Le genre de pièce qui prend rapidement sa place dans un spectacle et dans la tête du monde. Elle souligne aussi que plusieurs peuvent se reconnaître dans les paroles, ce qui explique sans doute une partie de son impact. Et du côté radio, les résultats ont été rapides, avec une belle entrée au classement BDS.
Pas de vidéoclip pour l’instant, mais une série de vlogs en préparation
Pour celles et ceux qui se demandaient si Ciao Bye aurait droit à un vidéoclip dans la lignée de Premier rodéo ou Fille des îles, la réponse est plus nuancée. Rien n’est fermé, mais pour le moment, l’énergie et les ressources sont investies ailleurs. Laurence a choisi de lancer une série de vlogs sur YouTube afin de montrer les coulisses de sa tournée des festivals. L’idée est simple : offrir un accès plus direct à ce qui se passe sur la route, aux préparatifs, aux moments en équipe et à tout ce qu’on ne voit pas toujours autour d’une saison de spectacles.
C’est une approche différente du vidéoclip traditionnel, mais elle est cohérente avec le moment qu’elle traverse. Quand l’été s’annonce chargé et que les dates s’accumulent, documenter le terrain devient presque aussi intéressant que de produire une vidéo scénarisée.
Un été très occupé et un calendrier déjà bien rempli
La saison qui s’en vient s’annonce particulièrement intense pour Laurence St-Martin. Elle parle d’une vingtaine de dates pendant l’été, en plus de spectacles en salle au mois de juin, notamment à Québec et à Saint-Damien-de-Buckland. Et ce n’est pas tout. Le calendrier continue de se remplir bien au-delà de l’été, au point où plusieurs dates sont déjà réservées jusqu’en mai 2027. C’est le genre de signal qui confirme qu’un projet tourne fort et qu’il y a une réelle demande sur le terrain. Pour une artiste country québécoise, ce niveau d’activité témoigne d’un lien solide avec le public et d’une présence qui s’installe durablement.
Où écouter l’album et comment se procurer la version physique
Ailleurs est disponible sur toutes les principales plateformes numériques, ainsi que sur YouTube. Mais pour les amateurs d’objets concrets, il existe aussi en version physique. Et ça, c’est un détail important pour Laurence : la vente de l’album physique passe directement par son site. C’est elle qui le signe, le prépare et l’envoie elle-même. Une façon simple, mais très humaine, de garder un contact direct avec les gens qui veulent soutenir sa musique. La version physique est un album, pas une clé USB. Une bonne nouvelle pour celles et ceux qui aiment encore tenir un vrai disque entre les mains.
Une artiste en pleine évolution
Ce que montre cette nouvelle étape, c’est une Laurence St-Martin à la fois fidèle à elle-même et ouverte à l’évolution. Elle prend des risques, comme avec la reprise de Daniel Bélanger. Elle s’entoure bien. Elle mise sur des chansons sincères. Et elle continue de bâtir un univers qui lui ressemble, entre sensibilité, énergie et instinct country-pop assumé. Avec Ailleurs, elle ne cherche pas seulement à sortir un autre album. Elle pose un jalon. Un disque qui relie ses débuts, ses influences, ses doutes, ses élans et la femme qu’elle est devenue. Et à voir la réponse du public, des radios et le rythme auquel les spectacles s’enchaînent, il est clair qu’elle n’est pas seulement rendue ailleurs. Elle est exactement à la bonne place.
Écouter l’entrevue intégrale avec Laurence St-Martin et sa chanson « Ciao Bye ».
