
ENTREVUE AVEC SYLVAIN GAUTHIER
Après dix ans sans nouvel album, Rhéal LeBlanc revient avec La vie n’est jamais garantie, un disque de dix chansons entièrement en français. Lancé officiellement le 11 septembre au Festival Western de St-Tite, le projet donne un nouvel élan au chanteur acadien, qui poursuit aussi la route avec Hert LeBlanc.
Originaire de Bouctouche, au Nouveau-Brunswick, Rhéal conserve ce qui fait sa couleur : un country authentique, nourri de traditions folkloriques acadiennes et d’histoires proches du quotidien. Son retour sur disque s’accompagne d’une envie bien claire de retrouver les gens, de présenter ses nouvelles chansons et de continuer à avoir du plaisir sur scène.
Un album retardé par la pandémie, mais pas abandonné
Le chantier était déjà ouvert lorsque la COVID-19 est venue tout arrêter. Comme bien des projets musicaux à cette époque, celui de Rhéal LeBlanc s’est retrouvé au point mort. Puis le temps a passé, et reprendre le travail a demandé un bon coup de volonté.
Le chanteur raconte avec franchise avoir fini par se secouer : après une décennie sans nouvelles chansons sur album, il lui fallait du nouveau matériel. Ayant déjà neuf disques derrière lui, selon son propre décompte, il tenait à mener ce dixième projet jusqu’au bout.
Le résultat, La vie n’est jamais garantie, a trouvé son premier grand rendez-vous public au Festival Western de St-Tite. Un lancement dans un cadre bien country pour un disque présenté comme profondément personnel, fidèle à la signature de son interprète.
Rhéal sent déjà les effets de cette sortie. À ses yeux, proposer un nouvel album a permis de pousser sa carrière un peu plus loin. Et ça, après une aussi longue attente, ça fait du bien.
Je veux juste fonctionner : une chanson née en quinze minutes
Parmi les nouveautés, Je veux juste fonctionner porte une idée toute simple : avec les années, on change, et l’envie de toujours parler ou se justifier peut laisser place au besoin d’avancer à sa façon.
Rhéal avait déjà un rythme en tête, mais il lui manquait encore une chanson pour compléter son projet. L’inspiration est venue de situations vécues et de cette réaction spontanée devant les explications qu’on nous demande parfois : ne plus avoir envie de débattre, seulement de fonctionner.
Le texte aurait pris forme en une quinzaine de minutes. Une écriture rapide, portée par une idée qui était déjà bien installée. Le chanteur y reconnaît quelque chose de personnel, mais aussi une réalité dans laquelle d’autres peuvent se retrouver.
Cette fois, les dix pièces de l’album sont francophones. Rhéal explique qu’il avait auparavant l’habitude d’ajouter une chanson ou deux en anglais à ses chansons françaises. Pour ce disque-ci, il a choisi de rester entièrement en français.
Avec Hert LeBlanc, la complicité continue
Le retour sur disque se déroule en parallèle d’une aventure de scène qui tient toujours à cœur à Rhéal. Après les spectacles des trois LeBlanc, dont il garde un excellent souvenir, le parcours s’est poursuivi à deux avec Hert, leur ancien partenaire Laurie LeBlanc ayant choisi de continuer en solo.
Pas question pour autant de ranger les guitares. Avec deux LeBlanc encore sur scène, le nom gardait tout son sens, souligne Rhéal avec humour. Le duo a donc continué à parcourir les salles, soutenu dans son travail par son agente, Véronique Labé.
La collaboration dépasse les spectacles. Les deux artistes ont chacun sorti un nouvel album et se sont invités sur leurs disques respectifs : Hert participe à une chanson de Rhéal, tandis que Rhéal chante sur une pièce de Hert.
Sur scène, leur proposition Le country et le cowboy laisse de la place aux nouveautés sans mettre de côté les chansons connues. Les succès font partie du rendez-vous, et Rhéal n’a aucune intention de les cacher.
Une bonne bouteille de vin demeure notamment un titre incontournable de son répertoire. Au moment de l’entretien à Plaisirs Country, Sylvain Gauthier soulignait que la chanson avait dépassé 3,2 millions d’écoutes sur YouTube.
Des salles qui permettent de rejoindre d’autres amateurs
Pour Rhéal et Hert, les spectacles en salle ouvrent une autre porte. Ils y rencontrent des gens qui ne fréquentent pas nécessairement les festivals ou les clubs, mais qui aiment assister à une soirée country dans une salle de spectacle.
L’accueil les encourage à poursuivre. Lors de l’entretien, Rhéal faisait état de salles presque pleines et d’une représentation déjà complète. Cette formule leur permet aussi de faire de nouvelles rencontres, un aspect qu’il évoque avec beaucoup de plaisir.
Il y trouve même un petit avantage d’horaire : terminer vers 22 h ou 22 h 30 change des soirées où, autrefois, on commençait à peine à sortir les guitares à cette heure-là. Le rythme est différent, mais le plaisir reste bien présent.
Un album offert sur CD et sur clé USB
La vie n’est jamais garantie est proposé en CD et sur clé USB. Au moment de l’entretien, Rhéal invitait les personnes intéressées à lui écrire directement sur Facebook pour se procurer un exemplaire. Les deux formats accompagnent également les artistes lors des spectacles.
Le chanteur constate que les habitudes d’achat ont changé et que ces transformations compliquent la vente de musique pour les artistes. Il voit toutefois les gens s’habituer graduellement aux clés USB, tout en rappelant l’importance de ne pas oublier ceux qui préfèrent encore le disque physique.
Écouter l’entrevue intégrale ainsi que la nouvelle chanson de Rhéal LeBlanc « Je veux juste fonctionner ».
